#superlibrarian L’équipement du bibliothécaire

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"Le bibliothécaire s’était dessiné sur le visage, les mains et les bras des signes cabalistiques aux motifs compliqués. Il portait le haut d’une cote de mailles sous ses vêtements, ainsi qu’une calotte d’acier maintenue par une chaîne. Enfin supportait-il dans son dos le poids d’une épée plus longue encore que celle de Grigan.

- Vous pensez vraiment avoir besoin de cela ? s’enquit Rey, avec une pointe de cynisme.

- Bien sûr, répondit l’autre très sérieusement. Comment voulez-vous faire un travail de bibliothécaire efficace sans une longue épée ?"

 

Pierre Grimbert, Le Secret de Ji. Les Editions Mnémos, 1999, volume 2, p. 60.

Reste à trouver sur quelle ligne budgétaire imputer la longue épée…

Conan the librarian, CC BY-NC-SA Dave King (source : Flickr).

Conan the librarian, CC BY-NC-SA Dave King (source : Flickr).

Bibliothèques et innovation

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Bibliothèques et innovation… l’alliance peut sembler à certains (mais qui ???) contre nature, et pourtant les bibliothèques – et plus largement les institutions patrimoniales, archives, musées – sont d’incroyables creusets d’innovation, aussi bien technique (web de données, fouille de données, web mobile, datavisualisation, etc.) que d’usages (crowdsourcing, open data, fab labs, bibliobox, etc.).

CC BY-NC-SA VancityAllie (Flickr).

Mitonnons l’innovation en bibliothèques… Miam !
CC BY-NC-SA VancityAllie (Flickr).

Le BBF consacre ainsi son dernier numéro à l’innovation dans le domaine patrimonial, et plus particulièrement en bibliothèques. On y découvre des expérimentations passionnantes autour des bibliothèques numériques, de l’interopérabilité des données patrimoniales, des digital humanities, de la médiation numérique, de la culture participative. A lire de toute urgence !

Pour aller plus loin, on peut regarder la synthèse L’innovation en bibliothèque (2013) de Thomas Chaimbault, qui multiplie des exemples plus bluffants les uns que les autres… D’autres chouettes exemples (bien que moins contextualisés) sont recensés dans le livre blanc La bibliothèque quatrième lieu, espace physique et/ou d’apprentissage social (2012) de Victoria Pérès-Labourdette Lembé. N’oublions pas non plus bien entendu les projets de l’initiative Biblio Remix, qui invitent à repenser complètement l’espace de la bibliothèque et ses relations avec les usagers.

… et tant d’autres qu’il est impossible de tous les citer (vous admirerez la pirouette pour éviter qu’on me reproche quelque oubli)… N’hésitez pas à indiquer en commentaire d’autres projets innovants, pour enrichir collaborativement la liste ! Citons aussi l’initiative de l’Enssib qui se propose, à travers les billets de son EnssibLab, de fournir une veille régulière sur les projets d’innovation numérique en bibliothèques.

Et comment ne pas terminer en signalant que se tient en ce moment même le premier hackathon Dataculture organisé par le ministère de la Culture autour des données publiques culturelles numériques (même s’il ne concerne pas QUE les bibliothèques, ne soyons pas sectaires) ? Jugez plutôt :

Pourquoi consacrer un week-end d’automne à imaginer, designer et coder des applis, alors que vous pourriez le passer tranquillement chez vous à mitonner, avaler des séries ou lire un bon livre ?

D’abord parce que c’est le premier événement de ce type organisé par le ministère de la Culture et de la Communication. Il s’inscrit dans une démarche forte du ministère visant à favoriser l’appropriation par le plus grand nombre des données publiques culturelles, afin de rendre la culture plus accessible.

A cette occasion, le ministère libérera plus d’une centaine de jeux de données issus des établissements culturels français. Ceux-ci viendront s’ajouter aux données publiques déjà disponibles sur data.gouv.fr. La liste des données mobilisées pour ce hackathon sera bien disponible sur data.gouv.fr.

L’enjeu de ce hackathon est avant tout créatif : il s’agit de concevoir des services utiles, innovants et ludiques qui favoriseront la transmission culturelle et permettront au public dont les plus jeunes d’enrichir leurs connaissances.

En attendant la synthèse de ce hackathon (vivement, vivement), il ne nous reste qu’à suivre en direct sur Twitter le récit des aventures des dataculturistes…

Bon, alors, il y a encore des incrédules  pour nier l’esprit d’innovation des bibliothèques ? Là, je ne peux plus rien pour vous…

#AAF2013 Un atelier collaboratif sur les archives participatives

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Le Forum des Archivistes à Angers approche à grands pas et promet de belles rencontres archivistiques et des échanges passionnants… Et vous, y assisterez-vous ?

Alors je vous propose le mercredi 20 mars un atelier collaboratif sur les archives participatives (oui, je sais, je l’ai déjà écrit dans le titre, mais on a bien le droit de se répéter, non ?).

Le pitch :

Indexation collaborative, identification et tagging de photographies, transcription de manuscrits et autres travaux collaboratifs reposant sur la contribution des internautes, les idées ne manquent pas… et les réalisations non plus puisque plus de 30 services d’archives français ont déjà sauté le pas et mis en place des projets d’archives participatives. On a pu voir de belles réussites, quelques échecs, des adaptations nécessaires, et surtout une expérience qui se construit progressivement sur des expérimentations empiriques et dispersées.

L’atelier se propose de donner la parole, pour un retour sur ces expérimentations, à quelques archivistes qui ont développé des projets collaboratifs, puis d’ouvrir le débat et les échanges sur les éléments qui constituent la clef du succès de ces projets. Deux thèmes en particulier pourront être discutés :

-          comment motiver les usagers à participer aux programmes collaboratifs afin d’atteindre une masse critique de contributeurs ?

-          comment assurer la qualité des données produites pour améliorer véritablement la description des fonds d’archives ?

Les participants à l’atelier pourront ainsi rédiger ensemble une liste de recommandations qui serait mise à la disposition de la communauté des archivistes.

Comment ça va marcher, alors ?

D’abord, on s’inscrit. On pourra être une vingtaine en tout. Si vous avez mis en place un programme collaboratif dans votre service d’archives ou si vous envisagez de le faire, cet atelier est pour vous !

Et puis on s’installe tous dans une salle et on discute, on échange sur nos réalisations et expériences en archives participatives.

On sort les ordis et les tablettes, et on fait un compte-rendu collaboratif en direct.

On n’aura pas de bière ni de pizzas, mais on l’imagine très fort.

On essaie de synthétiser les débats, et on produit un document à destination des services d’archives (et plus largement des institutions culturelles) qui auraient envie de se lancer dans l’aventure collaborative !

Alors, ça vous tente (pour vous inscrire, c’est le lien, là, juste au dessus) ?

beer

Ou alors on pourrait faire un atelier sur la bière participative ?
(CC BY-NC-SA cizauskas, source : flickr)

Création de la liste de diffusion "Ontologie-Patrimoine". Oh, joie !

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Bonjour les gens !

Oui, oui, je sais, vous allez me dire que me voilà bien cavalière pour quelqu’une qui n’a pas donné signe de vie depuis des mois (jetons un voile pudique sur le nombre de mois), mais bon, on se connaît depuis assez longtemps, vous et moi, pour ne pas s’offusquer pour si peu. Si, si.

Et puisqu’on en est aux mondanités et que tout bien pesé le mois de janvier n’est pas encore tout à fait terminé, je vous adresse, amis lecteurs, mes meilleurs vœux pour 2013, may the metadata power be with you. Après tout, il n’est pas gagné que je produise un autre billet cette année, autant en profiter…

Or donc, je reprends céans ma plume et mon clavier, pour vous annoncer derechef la création d’une nouvelle liste de diffusion (qui est le swag incarné, l’Auguste Paris de la liste de diffusion), j’ai nommé… TADA… Ontologie-Patrimoine (oui, certes, vu que c’est le titre du billet vous l’aviez deviné) ! Et attendez, vous n’avez pas tout vu, le sous-titre "Réseau pour la modélisation, les ontologies et les standards des données du patrimoine culturel". J’en salive d’avance…

Mon précieux...Source : Gallica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9028065p

Mon précieeeeux…
Source : Gallica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9028065p

Je laisse la parole aux créateurs de la liste :

Ontologie-patrimoine a pour objectif de favoriser l’émergence d’une communauté d’intérêt et de pratique rassemblant les acteurs du monde de la recherche, de la culture et des Humanités numériques autour des problématiques de modélisation de l’information relative au patrimoine culturel.

Elle vise à être un espace d’échange d’informations, d’expériences, de méthodes et de questionnements sur les différents modèles de représentation des données culturelles tels que l’ontologie CIDOC CRM (ISO 21127), le modèle conceptuel EDM (Europeana Data Model) ou encore le schéma XML LIDO.
Nous vous invitons à participer à ces échanges destinés à mieux faire connaître ces modèles, à en faciliter la compréhension et l’utilisation et à définir des profils et des schémas d’utilisation qui garantissent l’interopérabilité entre les systèmes d’information qui les mettent en œuvre.

Fidèle à l’esprit de la communauté des Humanités numériques francophone, cette liste se veut interdisciplinaire et interinstitutionnelle.

Donc c’est qu’il faut aller. Maintenant, allez, zou.

Pour vous tou.te.s qui êtes intéressé.e.s par la modélisation, les systèmes d’organisation des connaissances, l’interopérabilité, les référentiels, la normalisation, les formats, les traitements sémantiques, le web de données…

Pour vous tou.te.s qui travaillez à la description du patrimoine culturel, à sa représentation conceptuelle, à sa préservation, à sa diffusion numérique, à son ouverture sur les autres modèles de représentation de l’information, à son intégration dans l’écosystème du web…

A tou.te.s les muséeux, bibliothéqueux, archivisteux, archéologueux, digital humanisteux fanatiques (ou simplement curieuses/eux) de CIDOC-CRM, FRBR, FRBOoo (si, si, il y en a, je le sais, j’en connais, il est temps de sortir du placard)…

… modélisons tous ensemble le cœur joyeux et l’esprit léger, vers l’interopérabilité des ressources culturelles et au-delà…!

Les bibliothèques dans l’écosystème du web

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Pour la deuxième année, j’ai la chance et l’honneur d’intervenir dans le stage CNFPT Biblioquest sur les impacts stratégiques du numérique en bibliothèque.

Biblioquest, la quête épique des bibliochevaliers sans peur et sans reproche…
(CC BY-NC-SA Dunechaser, source Flickr)

Pour le premier épisode de la nouvelle saison de Biblioquest, 13 stagiaires triés sur le volet et 3 formateurs dynamiques… et une plongée dans l’écosystème du web, pour comprendre le contexte technique et d’usages dans lequel s’exerce la présence en ligne et la médiation numérique des institutions culturelles.

Alors, quelles sont les grandes tendances et les grands enjeux du web, aujoud’hui et demain, et surtout quelles conséquences pour les bibliothèques ?

Découvrez également ici la présentation des différents outils (blogs, wikis, réseaux sociaux, outils de veille, etc.) à la disposition des bibliothécaires pour la mise en place de leurs stratégies de diffusion, de dissémination et de médiation numériques ; les besoins auxquels ces outils peuvent répondre ; les services qu’ils peuvent rendre à nos publics ; les bonnes pratiques et usages courants de ces outils.

Domino’s books

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Je sais, je sais, on a déjà vu cette vidéo 100 fois, ça fait un bon moment qu’elle tourne sur le web, mais… je n’arrive pas à m’en lasser, c’est un pur délice qui me met toujours en joie, alors je trouve que c’est une belle façon de finir la semaine.

L’histoire ne dit pas si "aucun livre n’a été blessé pendant le tournage de ce film", mais je ne doute pas de leurs qualités de cascadeurs qui ont dû leur éviter le plus dur…

Bon week-end !

« Connecting people », les Archives de Vendée et le Web participatif

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Non, non, ce blog n’est pas (complètement) mort. Il est juste en hibernation profonde (on le comprend et on l’envie), avec quelques rares soubresauts de conscience.

Donc, avant de retourner dormir roulée en boule au fond de ma grotte, voici en guide de soubresaut le compte-rendu de la journée d’étude "La recherche aux archives, nouveaux outils, nouveaux publics" organisée par les Archives de la Vendée le 29 novembre dernier, que j’ai rédigé pour la lettre Archivistes ! de l’AAF (oui, je me suis réveillée assez longtemps pour publier sur ce blog, pas pour écrire un billet spécifiquement dédié, on en reparlera à la fonte des neiges…).

Marmotte

Bon, ben c'est pas tout, ça, mais après tous ces efforts je vais peut-être retourner me coucher, moi... (CC BY-NC-SA A. Fauth, source : Flickr)

A l’occasion de l’inauguration de nouveaux outils innovants en ligne, les Archives de Vendée ont réuni les archivistes et leurs usagers pour une journée d’étude « La recherche aux archives, nouveaux outils, nouveaux publics » : se sont ainsi rencontrés les professionnels qui collectent et classent les documents pour les diffuser, les contributeurs bénévoles qui participent à leur description, et les chercheurs qui les utilisent pour écrire l’histoire locale. L’amphithéâtre accueillait pas moins de 400 personnes, tandis que les absents pouvaient suivre en direct les débats grâce au « live tweet » de quelques participants connectés.

Comme le rappelle en préambule M. Thierry Heckmann, directeur des Archives de Vendée, les relations entre les archives et leurs publics subissent une profonde mutation à l’heure du numérique. Si Internet multiplie la visibilité des archives et facilite le travail en réseau, les Archives doivent s’adapter aux usages du public internaute pour offrir de nouveaux services. Et il ne faut pas hésiter à remettre en cause certaines pratiques archivistiques traditionnelles, qui doivent elles aussi s’adapter aux usages du Web. Une description plus fine des contenus est désormais adaptée à la diffusion de documents numérisés et à l’indexation par les moteurs de recherche : il est donc temps de réhabiliter l’inventaire à la pièce, tout en développant les pratiques automatisées d’OCR (reconnaissance optique des caractères) qui permettent une indexation et une recherche en plein texte. Des inventaires détaillés et des textes interrogeables par les moteurs de recherche faciliteront le travail des chercheurs et augmenteront la notoriété des archives sur le Web.

La matinée s’ouvre par deux tables rondes, autour des recherches sur les personnes et des recherches sur les territoires, destinées à présenter les nouveaux outils proposés par les Archives de Vendée, leur constitution et leur enrichissement collaboratif, ainsi que leurs usages. Elles confrontent les points de vue des archivistes, des contributeurs, mais aussi des usagers et utilisateurs de ces outils.

Les Archives de Vendée ont en effet initié depuis quelques années les travaux qui aboutissent aujourd’hui à la mise en ligne d’un ensemble remarquable d’outils de diffusion innovants et collaboratifs :

  • Noms de Vendée : cette base de données de relevés nominatifs (issus de l’état civil, d’actes notariés, etc.), fondée sur une collaboration originale entre un généalogiste créateur et administrateur de la base, des contributeurs (historiens, généalogistes), et les Archives départementales, fournit l’accès à 1,5 millions de noms.
  • Trois dictionnaires collaboratifs, le dictionnaire des Vendéens, le dictionnaire historique des communes, le dictionnaire des toponymes, proposent des notices très riches et structurées sur l’histoire locale, assorties d’interfaces de recherche dynamiques, en particulier cartographiques. Ces dictionnaires ont pu être constitués grâce à l’apport de contributions massives de chercheurs, et s’enrichiront des apports et dépouillements d’une communauté de contributeurs, en particulier en lien avec les campagnes de numérisation et de mise en ligne de fonds d’archives.
  • Le L@boratoire des internautes est un outil beaucoup moins structuré que les précédents, dont la souplesse permet précisément des échanges plus libres avec les usagers, et des propositions de participation beaucoup plus variées : identification de photographies ou de personnes, éphéméride collaboratif, travaux scientifiques en réseaux (par exemple constitution d’un guide des sources sur la guerre de Vendée), etc. Le L@boratoire est destiné à enrichir les autres outils, les inventaires, la description des archives numérisées, en fédérant une communauté de contributeurs assidus ou occasionnels.

Un effort particulier est en effet réalisé pour intégrer tous ces nouveaux outils dans une véritable plateforme constituée par l’ensemble de l’offre numérique des Archives de Vendée : les dictionnaires s’appuient sur le dépouillement des inventaires et archives en ligne auxquels ils font systématiquement référence, et ils se répondent et se citent entre eux autant que possible. La multiplication des outils répond aux multiples besoins et usages des publics, sans conduire à une fragmentation mais plutôt à un cercle vertueux qui appuie la recherche historique sur les ressources archivistiques.

L’alimentation collaborative de ces outils pose bien entendu la question de la qualité et de la vérification des données. Les enrichissements sont donc réalisés sous le contrôle d’un comité qui veille à leur qualité, et en particulier à la mention systématique des sources. Les contributeurs réguliers sont encadrés et conseillés. Et en fin de compte, le contrôle lui-même est collaboratif, puisque chacun peut signaler les erreurs qu’il est amené à constater.

Les tables rondes font également la part belle aux contributeurs et utilisateurs de ces outils, afin d’incarner leurs usages et de donner vie à leurs contenus. L’intervention de Maïwenn Bourdic revient en particulier sur l’évolution des pratiques des généalogistes sur Internet, qui éclairent les besoins et usages de ce public. Internet a permis la diffusion massive de données généalogiques, que ce soit par les particuliers, les associations ou les services d’archives, mais il a aussi donné une ampleur exceptionnelle à une pratique ancienne des généalogistes : l’entraide. Finalement, cette entraide généalogique est peut-être la matrice de la participation massive de ces publics aux entreprises collaboratives initiées par les services d’archives, qui s’attachent de la même façon à favoriser les échanges, la diffusion des données, l’implication dans l’ouverture des archives au plus grand nombre.

Les différentes conclusions de la matinée permettent ensuite de replacer ces projets collaboratifs dans leur contexte archivistique, numérique, administratif et politique.

En effet, même si les réalisations des Archives de Vendée restent largement innovantes, surtout en France, elles s’inscrivent dans le mouvement plus vaste de la culture participative, et plus particulièrement des « Archives participatives ». Les projets de diffusion patrimoniale s’appuient de plus en plus sur une interaction avec les usagers, que ce soit sur les sites des institutions elles-mêmes ou via les médias sociaux ; les archives doivent s’inscrire dans cet écosystème où l’interaction est la norme.

Au-delà d’échanges et de contributions plus ou moins superficiels, les Archives peuvent ainsi  aller jusqu’à susciter une « participation » des usagers, au sens où la définit l’archiviste américaine Kate Theimer, c’est-à-dire la mise en œuvre de véritables compétences et connaissances des usagers, une interaction de haut niveau, de caractère scientifique. Il peut s’agir d’une contribution des usagers à la description des contenus, à l’amélioration de l’accès (tagging, indexation collaborative, identification de photographies, etc.), voire d’une véritable co-construction, via un apport de contenus scientifiques ou de matériaux patrimoniaux par les usagers (transcriptions collaboratives des contenus, travaux de recherche scientifique mis en valeur sur Wikipédia ou sur des sites dédiés, enrichissement des collections par intégration d’archives personnelles, etc.). Les outils collaboratifs des Archives de Vendée sont au croisement de ces deux niveaux de participation avancée des usagers.

Le directeur chargé des Archives de France, M. Hervé Lemoine, souligne ainsi la nécessité pour les services d’archives de passer d’une politique de l’offre à une politique de la demande, de s’interroger sur les véritables besoins de leurs publics. Afin de donner une indispensable dimension nationale à la politique de diffusion sur le Web des archives, il appelle à la constitution d’un portail national, point d’accès unique aux collections archivistiques françaises, qui serait un outil de reconnaissance et de visibilité pour l’ensemble des services d’archives.

Les tables rondes de l’après-midi s’attachent à présenter les ressources mises en ligne par les Archives de Vendée et leurs utilisations par les historiens qui donnent un contrepoint passionnant et une justification évidente au travail des archivistes.

La qualité et la diversité des recherches historiques sur les documents vendéens sont particulièrement soutenues par le soin apporté à la description des fonds numérisés. Un inventaire pièce à pièce, parfois assorti d’un OCR des documents textuels, permet en effet une indexation fine des contenus, et une optimisation du moteur de recherche.

Par ailleurs, les Archives de Vendée ont pu bénéficier d’un partenariat original avec le Service historique de la Défense, qui a abouti au classement, à la numérisation et finalement à la diffusion sur le site Web des Archives de Vendée d’un ensemble remarquable de pièces relatives à la guerre de Vendée et conservées au SHD à Vincennes. Le site vendéen peut ainsi devenir un véritable portail des sources sur l’histoire de la Vendée où qu’elles soient conservées.

Les pratiques collaboratives ne sont alors plus seulement le fait des historiens et généalogistes, mais aussi des services d’archives entre eux-mêmes, grâce auxquels le partage et la dissémination des documents profitent au plus grand nombre.