Archives Mensuelles: novembre 2010

C’est arrivé à Lyon – Un voyage dans le temps

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horloge

Y aurait-il encore une rupture dans le continuum spatio-temporel ? CC-BY-NC, Pimoo, source : Flickr.

Que s’est-il passé à Lyon le 22 novembre 1588 ? Et le 22 novembre 1803 ? Et le 22 novembre 1924 ?

Si vous n’avez pas de machine à remonter le temps sous la main (ou si vous avez oublié de remplir le réservoir, ou si vous avez encore raté votre diplôme de voyageur spatio-temporel, il faut réviser, aussi, ça ne se trouve pas dans une pochette-surprise), allez donc consulter le site des Archives municipales de Lyon.

Une base de données de 8000 événements, de 61 avant J.-C. à 1944, nous promène chaque jour parmi les événements qui se sont déroulés à Lyon deux mille ans, 3 siècles, 80 ans auparavant.

Bouclez vos ceintures, et embarquez pour un voyage animé saisissant.

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Tous différents ! Archives et musées face à la diffusion numérique

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Je me sens moins seule.

Je suis intervenue la semaine dernière dans un stage organisé par la direction générale des Patrimoines, et consacré à “Sites Internet des musées : nouveaux formats, nouveaux usages”. C’était en réalité davantage une sorte de séminaire où les différents intervenants et stagiaires ont pu très largement échanger sur leurs expériences de diffusion et de médiation culturelle et scientifique, tout particulièrement sur les réseaux sociaux.

Quel bonheur de pouvoir discuter avec des gens qui ne tremblent pas d’horreur quand on parle de modélisation 3D, de podcasts, d’interopérabilité (même si je pense en avoir perdu quelques uns quand j’ai commencé à parler de XML et de DTD, je ne sais pas toujours m’arrêter à temps, et encore je me suis mordu la langue plusieurs fois pour éviter de prononcer le mot “sérendipité”) !

Et puis il y avait la moitié de Twitter, dans cette salle…!

Café & croissants

Alors ça, c'est LE gros avantage de la sociabilité réelle sur la sociabilité virtuelle... CC-BY-NC-SA, vincen-t, source : Flickr.

Mais je sens que vous allez me demander ce que j’allais faire dans ce stage, moi l’archiviste perdue au milieu des médiateurs de musées… Certes il y avait du café et des viennoiseries, mais cela ne suffit pas (complètement) à expliquer ma présence.

On m’avait demandé de présenter les réalisations du réseau des services publics d’archives sur Internet, pour apporter un contrepoint, un élément de comparaison et de confrontation avec la situation des musées. Je me suis donc appliquée à montrer ce que nous faisons et que les autres ne font pas. Et surtout à me demander pourquoi. Exercice intéressant, qui revient à questionner des éléments et des situations que l’on tient pour acquis.
J’avais identifié trois pistes de réflexion :

  • le réseau des Archives de France : une grande couverture géographique, des actions concertées et interopérables. Permet le développement de bases de données communes et la participation aisée aux grands portails et méta-moteurs patrimoniaux.
  • la matière première : des archives abondantes, beaucoup de documents sériels très adaptés à la numérisation et à la mise en ligne. Permet la mise en ligne d’une masse impressionnante de documents, de nature très variée.
  • le public : tout particulièrement des généalogistes nombreux, spontanément très intéressés par nos fonds, et férus de technologies numériques. Permet une fréquentation massive des sites Internet d’archives, qui justifie les projets et investissements, et le développement d’outils et services spécifiques qui ne fonctionneraient pas sans le soutien de ce public (indexation collaborative en particulier).

Les débats et échanges qui ont émaillé les deux jours du stage m’ont permis d’identifier d’autres axes de réflexion sur la spécificité des archives sur le Web, que je n’avais jamais véritablement formulés jusqu’à ce jour :

  • les archivistes et conservateurs d’archives sont très sensibilisés aux questions de diffusion et tout particulièrement de diffusion numérique. Chefs d’établissement ou chefs de service, ce sont eux qui portent ces projets, dans leurs dimensions scientifique, communicationnelle et largement technique. Dans les musées, les services chargés de la valorisation des collections sont complètement séparés des services chargés de la conservation : les conservateurs sortent peu de leur mission scientifique, et la diffusion numérique se centre souvent sur l’événementiel et la communication (d’où un investissement des réseaux sociaux et une forte présence sur le Web mobile, par exemple), au détriment de la diffusion des collections (bases de données, images numérisées, etc.).
  • l’objectif même de la diffusion numérique n’est pas le même dans les musées et les archives. Les archives s’efforcent de développer la fréquentation de leurs sites Web en fournissant toujours davantage de ressources en ligne. Si les internautes se déplacent ensuite dans nos établissements (salles de lecture ou animations culturelles), tant mieux, mais ce n’est pas le but premier de la création de nos sites Web. En revanche, dans les musées, l’objectif est presque uniquement de faire venir les gens physiquement dans leurs bâtiments. Au point qu’ils refusent de nommer “visiteur” le visiteur virtuel. Au point qu’ils limitent souvent la mise en ligne d’images numérisées en trop grand nombre, de peur de perdre leur public physique. Cela les conduit à mettre en place des services innovants tout-à-fait intéressants, applications iPhone de visite, organisation de soirées Facebook, etc., mais cela limite grandement leur volonté de fournir une véritable médiation scientifique en ligne.

Voilà pourquoi archives et musées font différemment. Pas mieux ou moins bien. Nous utilisons tous la diffusion numérique pour toucher un public plus vaste, plus éloigné, pour communiquer sur nos établissements et sur nos collections, mais nous utilisons des outils différents.

Et c’est peut-être en formulant ces différences, et donc les limites -jusque là inconscientes- que nous nous imposons, que nous parviendrons à les dépasser et à développer nos compétences sur d’autres usages et services du Web.

Les Archiveilleurs traversent l’Atlantique

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Kolam

Bienvenue ! Le kolam est un dessin de bienvenue tracé à la main devant les maisons indiennes. CC-BY-NC Pondspider, 2008, source : Flickr.

Trois nouvelles recrues viennent renforcer l’équipe des Archiveilleurs :

  • Lourdes Fuentes-Hashimoto, aka @e_archiviste, et Marie Laperdrix, aka @Archivchronicle, les énergiques rédactrices du blog Archives Online (on en gagne deux pour le prix d’une),
  • et Natalie Bissonnette, aka @Nyctale, qui nous ouvre les portes de l’archivistique québécoise.

Bienvenue !

Rappel à tous ceulx qui ce présent billet liront, les infos pour suivre les Archiveilleurs c’est .

Web 2.0 et archives : savoir perdre le contrôle

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Web 2.0

Méditons un instant sur cette vérité profonde. Ommmmm.... CC-BY-NC-ND Daniel F. Pigatto, source : Flickr.

Voici une présentation fort intéressante de Jane Stevenson (qui fait partie de l’équipe du portail d’archives britannique Archives Hub) sur l’utilisation du Web 2.0 par les services d’archives, « The impact of Web 2.0 on archives« .

Bon, je n’aime pas trop l’expression Web 2.0, trop marketing et faussement geek, je lui préfère « Web participatif », qui est plus intuitivement compréhensible. Mais à part ça, rien à redire à cette excellente présentation, qui ne cache rien des enjeux et risques de ces technologies et usages, tout en parvenant à diffuser un enthousiasme contagieux (d’aucuns diront que j’étais déjà contaminée… certes, j’avoue).

Je trouve particulièrement intéressante la partie intitulée « Letting go« , qui répond aux inquiétudes de la plupart des archivistes (oui, les archivistes sont des control freaks, il faut l’assumer pour avoir une chance d’en guérir…).  Pour tirer tout le bénéfice du Web participatif et des apports des usagers (aide à la description des documents, ajouts d’archives personnelles, commentaires et échanges, etc.), il faut apprendre à perdre le contrôle (de façon raisonnable et encadrée, bien entendu), tant sur les contenus et descriptions réalisés par les internautes que sur les informations qu’ils peuvent échanger entre eux dans les espaces mis à leur disposition.

Les retombées en termes de fréquentation, de valeur ajoutée, d’échanges, de réputation valent largement le coup.

Alors, apprenons à laisser aller, à laisser faire, à laisser filer. Nous avons plus à y gagner qu’à y perdre.