Archives Mensuelles: février 2011

Conservation matérielle / préservation numérique : combien ça coûte ?

Par défaut

Je ne suis pas une spécialiste de l’archivage électronique.

Je n’y connais rien à la préservation numérique.

Pendant mes années aux Archives nationales, lors des visites guidées (le seul cas où je devais faire semblant de savoir des choses sur le sujet), à la question systématique « Mais pourquoi vous ne numérisez pas tout ça ? », je répondais invariablement qu’il était beaucoup moins cher de conserver le papier que le numérique (entre autres arguments sans doute beaucoup plus valables, à base de validité juridique, de faisabilité matérielle, etc.).

Eh bien j’avais peut-être tort…?

Balance

Lequel est le plus lourd, un kilo de livre papier ou un kilo de livre numérisé ? CC-BY Bruce Turner, source Flickr

Je viens de tomber sur ce passionnant article intitulé « Physical Conservation vs Digital Preservation – a cost comparison » qui a eu l’intérêt, outre de me faire réviser mon anglais ce qui me sera très utile la prochaine fois que j’irai faire les soldes à Londres, de me faire quelque peu réfléchir sur la question.

Petit aparté à l’attention des archivistes. L’ensemble de ces réflexions n’est évidemment pas transposable aux documents d’archives, documents uniques et à valeur administrative et juridique intrinsèque, il s’agit avant tout de la préservation des livres numérisés.  Mais il me semble qu’il y a des choses à prendre tout de même…

Bon, donc voilà, vous irez lire cet article tous seuls comme des grands, vous aussi vous maîtrisez l’anglais à force de faire des virées soldes/bière/concerts à Londres. Mais je voulais quand même souligner les passages qui m’ont semblé les plus importants, alors je vous en propose une traduction, qui vaut ce qu’elle vaut c’est-à-dire pas grand-chose…

La découverte centrale, c’est que la numérisation d’une collection de monographies avec destruction des originaux est la méthode la plus intéressante financièrement de la préserver de façon pérenne, bien que l’investissement initial soit infiniment plus coûteux que celui de la conservation matérielle.

La numérisation avec destruction des originaux, c’est tout simplement la numérisation de documents dont les originaux sont éliminés après l’opération (NDLA Ah bon, on ne s’en serait jamais doutés). Cela a un effet important sur le coût parce que :

a) On peut numériser les documents plus facilement, avec un scanner à plat, plutôt que de devoir mettre en œuvre une méthode coûteuse et chronophage de numérisation avec un banc de numérisation vertical.

b) On n’a à supporter que le coût du stockage des copies numériques, plutôt que de supporter en plus celui de la conservation matérielle des livres sur leurs étagères.

[…]

Au bout de 50 ans, il devient plus cher de conserver les exemplaires papier que les exemplaires numériques, même en tenant compte de l’énorme différence d’investissement initial. C’est pourquoi, pour des monographiques sans valeur intrinsèque, c’est une meilleure stratégie sur le long terme de les numériser puis d’éliminer l’exemplaire papier.

Preservation graph

Le bleu tout en bas qui grimpe, qui grimpe, qui grimpe, c'est la conservation papier... (Étude comparative des coûts de conservation des documents papier/numériques. Source LifeShare Project, http://www.leeds.ac.uk/library/projects/lifeshare/casestudy4.html)

Pour en savoir plus :

– l’article synthétique, c’est

– l’étude de cas complète, c’est ici, pour les plus gourmands

Equilibre

Finalement, l'important, c'est de maintenir l'équilibre... CC-BY-NC Darkr, source Flickr.